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L’abîme de la drogue(2)
Si les
civilisations sont gouvernées par le principe de la marée haute et de la
marée basse gouvernant les mers et les océans, le Liban dans les années
cinquante, soixante et le milieu des années soixante-dix du siècle dernier
était dans une étape de marée haute civilisée et renaissante. Cette
situation était sur le point de le rendre un parmi les premiers pays du
monde, un refuge jouissant de la plus grande sûreté et sécurité, une
motivation pour tous les intellectuels du Monde arabe et un refuge sûr pour
les capitaux que l'or noir a transformé en or jaune. Le Liban est donc
devenu l'oasis des pensées de la renaissance qui aspirent à la rationalité
et à construire une société de suffisance et de justice qui respecte les
droits de l'homme et égalise entre l’homme et la femme d’un côté, et l’oasis
de l'investissement économique et financier d'un autre côté.
Dans cette
atmosphère, la culture du cannabis et de l’opium prospérait au Liban selon
les statistiques qui montraient qu'autour de soixante-dix mille acres
étaient plantés de ces deux genres, et donc des millions de devises
difficiles affluaient. Mais ce qui attirait l'attention à ce temps-là, et
selon les statistiques officielles, que le taux des drogués ne dépassait pas
les deux pour cent. Comment expliquer le phénomène des gens qui plantent le
cannabis et l’opium, et ceux qui le vendent à l'étranger sans le prendre ou
sans en devenir dépendants, bien que leur acte offense et fait du mal à
autrui, même s’ils évitent eux-mêmes ses dégâts directs, son mal les
affectera d’une façon tranchante ? A notre avis ce qui les a aidés à
embellir les inconvénients de ce phénomène c’est que la société libanaise à
cette époque d'or était unie, cohérente et solidaire ayant une vision
civilisée et renaissante qui allume le feu de chevalerie entre ses classes.
La famille était une cellule sociale qui a ses valeurs, et ses membres
réagissaient réciproquement et positivement les uns avec les autres. Ils
agissaient en tant qu’équipe de travail et de vie avec cohésion et
solidarité. Les mass média écrits et télévisés étaient gouvernés par une
vision du Liban, pays de l’interaction entre les civilisations, les langues,
les religions et les capitaux. Tout le monde croyait et luttait pour rendre
le Liban une bourse, une banque, une université, une tribune, un hôpital, un
hôtel et un traducteur du Monde arabe. A l'ombre de cette réalité
renaissante au niveau social, intellectuel et économique, nous avons produit
beaucoup de drogues comme marchandise de vente à travers laquelle la devise
difficile afflue, sans se rendre compte de ses difficultés, ou des effets de
ses eaux stagnantes et ses désastres.
Aujourd'hui,
si nous revenons au rapport américain publié en 2009 sur la lutte contre la
drogue, nous découvrirons que le Liban n'est plus un pays producteur de
drogue, surtout que le Bureau du Contrôle des Narcotiques a détruit la
plupart de ces cultures sataniques avec une énergie qui ne connaît ni la
fatigue ni la soumission. Mais le taux de consommation des drogues a
augmenté au Liban pour atteindre environ 27%, et aussi les drogues se sont
transformées de cannabis en drogues chimiques commercialisées dans les
marchés à des prix réduits qui ont permis même aux adolescents d’y avoir
accès. Si nous étions logiques nous dirions qu'il y avait des réseaux qui
vendent intentionnellement ces produits dans les écoles et les universités,
et parmi les classes pauvres pour détruire l'échelle des valeurs de ces
classes dont le vrai capital est leur éthique et leur chevalerie, afin que
des générations entières naissent n’ayant pas une vision future pour leur
vie, ni des buts à atteindre les stimulant pour le meilleur. Elles vivront
dans une fosse absurde et nulle, dans un cadre social démantelé qui leur
permet de légaliser les prohibitions, de commettre des perversités et de
prendre une attitude contre les coutumes, les traditions et les cultures.
Peut être c'est une conspiration contre l’Homme au Liban pour qu’il perde sa
personnalité civilisée et ses valeurs originales dans une société âgée de
milliers d’années. C'est une conspiration pour attaquer le principe de
l'affiliation, celle de l'homme à la terre, à la société ou à une
civilisation qui a sa propre empreinte en dépit de son ouverture à toutes
les civilisations.
Le but
derrière la promotion des drogues de bon marché accompagnée de films sexuels
pornographiques et pervers, est de tromper les jeunes, et détruire leurs
esprits par les illusions corrompues et nuisibles au corps, à l’esprit et à
la raison. Les gens qui manquent d’un savoir correct, sain et scientifique
seraient pris par des rumeurs, des illusions et des superstitions qui
deviennent plus fortes que les réalités prouvées.
Nous posons
de nouveau la grande question : Pourquoi le Liban avant la guerre civile
était immunisé contre la drogue bien qu’il était un pays producteur de la
drogue. Pourquoi le Liban est aujourd'hui un pays ravagé par les drogues
bien qu’il n’est plus un pays producteur ? A notre avis la réponse est que
le Liban d’hier était gouverné par la philosophie téléologique qui considère
que l'Homme est le but de cette existence. Elle le définit comme une
existence rationnelle, libre, responsable et sociable par nature qui doit
immuniser sa rationalité en assumant la responsabilité qui se concrétise
dans la société par une interaction positive et constructive avec les
autres.
Aujourd'hui le Liban est gouverné par la philosophie absurde qui rend l'être
humain une entité consommatrice (dont le but est le plaisir rapide), noyée
dans sa nullité, et dans l'absurdité des superstitions, des illusions et des
rituels qui manquent de l'essence de la moindre vérité. Le pire est que ces
superstitions se déguisent en pensées religieuses, ne distinguant pas les
essences de la religion des cultures religieuses populaires dont la plupart
prit naissance à l'époque de la détérioration dont à notre avis nous n’en
sommes malheureusement pas sortis.
Finalement, nous disons que le problème de l’addiction à la drogue n’est pas
seulement un problème de sécurité comme on le perçoit aujourd’hui au Liban,
mais il est considéré comme un problème social, économique et culturel. Sa
solution ne doit pas être limitée au bureau de la sécurité, mais il faudrait
élaborer un plan global auquel participeraient le ministère de la Culture,
le ministère de la Jeunesse et les parents à travers l’initiative, la
sensibilisation, la culture scientifique, religieuse, humaine, de santé et
de foi. Les écoles, les clubs, les associations et les industries y
participeraient aussi. Brièvement, le problème devrait être traité en tant
que problème moral et non pas en tant que problème de sécurité.
Kamal Sarieddine a participé à la préparation du texte
Libéré le 1
Octobre 2010
Connaissances unitariennes
Emis par
le bureau du Cheikhat
De la
communauté des unitariens druzes
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